Nos Itinéraires gourmands en Italie:

Scanzorosciate

by Margherita Ragg - 21 mai 2017

Cet article est le premier d’une série de deux, mettant en valeur deux sites culinaires secrets de la province de Bergame. Ils sont tous très facilement accessibles depuis Milan et Bergame, à condition d’avoir une voiture ! Nous nous sommes associés à Hertz pour le projet " Nos Itinéraires Gourmands " et avons disposé d’une Fiat 500 flambant neuve, voiture idéale pour sillonner les montagnes et les routes de campagne, et suffisamment spacieuse pour transporter les produits locaux que nous prévoyions d’acheter !

En partenariat avec Hertz, notre voyage gastronomique dans la province de Bergame débutait dans le domaine Pagnoncelli Folcieri. L’idée était de découvrir en deux jours, cinq sites gastronomiques atypiques, à bord de notre très jolie voiture de location.

Le domaine Pagnoncelli Folcieri est peut-être proche de la ville, mais les transports publics pour y accéder ne sont pas très fiables. Notre Fiat 500 était l'atout idéal pour nous déplacer dans les rues étroites de Scanzorosciate qui mènent au vignoble. Nous avons récupéré notre voiture à l'aéroport de Linate, et en moins d'une heure, nous étions assis dans une pièce décorée de fresques avec Francesca, prêts à en apprendre davantage sur le vin unique de la région.

" Ma famille fait du vin ici depuis 1852 ", a déclaré Francesca Pagnoncelli " Avant même que l’Italie soit unifiée ! "
Mon mari et moi étions assis dans la salle de dégustation du vignoble Pagnoncelli Folcieri, créateurs du vin unique Moscato di Scanzo.

Le vignoble Pagnoncelli Folcieri est l'un des 20 seuls producteurs de Moscato di Scanzo, le plus petit DOP d'Italie. DOP signifie « Dénomination d'origine protégée », le classement le plus prestigieux parmi les classifications de vins italiens. Chaque cave ne produit chaque année que 800 bouteilles de Moscato. Autant dire qu'il s'agit d'un vin très, très précieux.

Le Moscato di Scanzo a une très longue histoire et comme l'a dit Francesca, " on a toujours su que le vin était fabriqué dans la région, mais personne ne savait exactement comment, ou pourquoi il était tellement spécial ". L’histoire affirme que le Moscato di Scanzo était déjà populaire dans les cours d'Europe au 18ème siècle, et que c'était l'un des vins favoris de Catherine II de Russie.

Le Moscato di Scanzo tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est né qu'après la Seconde Guerre mondiale et est régi par un protocole de production très strict. La récolte se fait fin octobre afin d'optimiser la teneur en sucre. Après la cueillette, les raisins sont triés, chaque grappe est contrôlée à la main, et les grains qui ne font pas l’affaire (par exemple lorsqu'ils sont trop ou pas assez mûrs ou abimés) sont retirés. Le tri nécessite des semaines de travail à plein temps. Une fois cette étape terminée, les raisins sont disposés sur des treillis pendant trois semaines afin de sécher jusqu'à perdre environ 70% de leur volume initial. Enfin, les raisins sont pressés puis mis dans des cuves en acier inoxydable pour fermentation pendant au moins 2 ans, même si la plupart des producteurs les laissent bien plus longtemps. Par exemple, en 2017, Francesca vend du Moscato issu de sa récolte 2013.

Après notre visite du vignoble, où Francesca et son mari font tout le travail à la main, nous nous sommes rendus dans la salle de dégustation pour gouter ce vin. Francesca préfère servir le Moscato dans des verres à cognac pour en libérer tous les arômes et pense que le vin est meilleur si on le consomme seul, plutôt qu'en mangeant. " C'est un vin de méditation, un vin qui invite à la contemplation, à apprécier après un repas, en bonne compagnie et dans un environnement magnifique ", a-t-elle expliqué. J'ai tourné mon verre vers un rayon de soleil qui traversait la table. Le vin était d'un rouge rubis profond, avec des tons pourpres et des reflets de terre brûlée. J'ai porté le verre à mon nez pour en découvrir les arômes.

" Quels arômes percevez-vous ? " demanda Francesca. D'habitude, je n'arrive qu'à donner des réponses basiques : baies, cerises et autres. Mais le Moscato di Scanzo était plus profond, plus complexe et plus structuré que tous les autres vins que j'avais pu boire auparavant. Je pouvais sentir une odeur de pluie et de feuilles humides, de vanille bourbon et de cynorhodon, de pruneaux et de tabac. J'ai timidement pris une gorgée, et les saveurs se sont multipliées, si vite que j'ai eu du mal à toutes les nommer. Il y avait de l'encens, oui, l'odeur de l'église ! Francesca a dit qu'il y avait de la marasque, une sorte de cerise italienne acidulée, de l'hibiscus, du poivre noir et du chocolat noir, et bien d'autres arômes encore. C'était comme se promener dans une parfumerie et être entouré d'une myriade d’odeurs captivantes, si intenses, que vous avez du mal à vous en défaire même après en être sorti. Le Moscato s'attarde dans votre bouche, c'est l'un des vins avec la caudalie la plus intense (l'unité de mesure qui exprime la durée d'expression en bouche des arômes du vin).

C'est alors que j'ai compris ce que Francesca entendait par "méditation du vin". La dégustation du Moscato est une expérience sensorielle si forte que vous voulez faire une pause et écouter. À chaque gorgée se reflètent des décennies d'histoire familiale et des mois de travail minutieux, d'élagage, de récolte et de tri. Un vin qui parle de la « terre » et de la famille dépositaire de son secret.

Et voici mon plan de voyage :


Stop one: Milan Linate - Hertz Milan Linate

Stop two: Scanzorosciate - Pagnoncelli Folcieri winery

Stop three: Cespedosio - Rifugio Cespedosio

Stop four: Valtorta - Latteria Sociale

Stop five: San Pellegrino - Priula Birreria & Pasticceria Bigio

Stop six: Bergamo - Castel Cerreto


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